La Turquie au ralenti

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Retour au bivouac et à la nature !

Après 5 jours de repos bien appréciables, nous quittons définitivement la ville des chats qu’est Istanbul. Retour à Salizbosna pour retrouver nos vélos aimablement gardés par Fikri. Le dos de Servane va mieux, et nous pouvons envisager de rouler normalement sur les routes turcs. 


Nous savourons un dernier thé en compagnie de Fikri sur la place du village devant la mosquée, avant de monter sur nos vélos. Nous attaquons par une côte raide jusqu’à la ville de Hadimkoy. La reprise est difficile physiquement, et nous terminons par pousser les 2 vélos pour atteindre le sommet. Le dénivelé est important, les côtes, courtes mais raides, sont nombreuses. Nous souffrons… En fin d’après midi, dans le village d’Incegiz, après le ravitaillement, l’épicier nous indique un coin fabuleux pour passer la nuit. Nous suivons ces conseils. A notre arrivée, après 36 kms, nous profitons d’un bel espace en pleine nature bercé par le son d’une rivière et tout proche d’une grotte ressemblant à une tête de monstre dixit les enfants. Le soleil et la fraîcheur accompagnent notre diner, mais pas le réveil du lendemain. La pluie tombe en effet finement mais surement. Nous avançons difficilement en effectuant les montagnes russes. Nous traversons quelques villages que nous apercevons au loin grâce aux minarets des mosquées. Les éoliennes, elles, occupent les sommets des collines et nous rappellent que le vent est bien contre nous.


Nous stoppons notre avancée sur un parc de jeux à Kuçuksinekli après 35 kms et une côte terrible pour les jambes et la tête. Nous sommes épuisés par notre itinéraire. Nous entamons le montage du tipi quand l’Imam du village arrive avec sa voiture. Il nous indique qu’il va nous trouver une pièce chauffée dans le village. Après plusieurs appels, nous terminons dans l’école. Le maitre  de l’école nous accueille, et nous ouvre un grand dortoir pour toute la famille et les vélos : le grand confort ! Ce confort se poursuit quand Taner, un habitant du village, décide de nous inviter dans le restaurant du village suivant. Nous montons dans son véhicule et terminerons même la soirée à Silibri au bord de la mer de Marmara, à manger des baklavas, spécialités sucrés turques… Nous rentrons à 21h00 fatigués mais enchantés de cette soirée surprenante !


Après une visite de la classe unique, nous reprenons la route le lendemain, à travers des routes moins vallonnées mais toujours avec quelques côtes pour entretenir les cuisses et mollets. Nous avons perdu un peu le rythme vélo depuis le Vietnam qui lui était tout plat… Après le passage de la grande ville Cerkerzkoy nous filons vers le petit village de Bahçeagil pour nous y arrêter après presque 50 kilomètres de vélo. Nous échangeons avec un ancien routier parlant quelques mots de français autour d’un thé offert.  L’appel à la prière retentit dans le village du haut du minaret, il nous quitte pour aller prier. A son retour, il revient avec le maire du village qui veut nous offrir une nuit en hôtel. Nous refusons mais acceptons le toit de la salle des fêtes immense pour nous 4. 


Après une nuit ventée et pluvieuse mais au sec nous repartons vers le nord-ouest. Nous reprenons nos vélos dans des campagnes calmes où nous apercevons quelques cigognes au bord de la route. Nous varions notre pique-nique rituel par un arrêt dans la ville de Saray en dégustant un kebab et des pâtisseries en terrasse, au soleil, entourés de collégiens curieux… Nous reprenons notre route sur une route plus passagère et extrêmement ventée. Les 20 kms effectués dans l’après midi sont épuisants. Arrivés à Vizé après 46 kms,  nous souhaitons rejoindre un petit village pour camper mais notre moral et la projection d’un col nous freinent. Nous demandons l’hospitalité pour camper dans le jardin d’un restaurant. En 2 minutes, nous nous retrouvons à prendre le thé au restaurant avant de monter le tipi. Les enfants, ensuite, participent à jardiner avec la soeur de la gérante. Nous passerons une belle fin d’après midi au milieu de la campagne face au coucher du soleil annonciateur d’un beau temps pour le lendemain matin.


Nous reprenons la route le lendemain sans vent, mais débutons par un petit col aux pentes dépassant les 10%. C’est très dur, on a vraiment mal aux jambes. Après une descente reposante, et dans une énième côte, ma chaine casse nette. Nous effectuons la réparation difficilement. Notre route reprend mais le moral n’est plus là. Le moral déteint comme le ciel se couvrant de nuage. Il commence à faire froid. L’avancée est nettement freinée soit par le terrain accidenté soit par les conditions météo. Nous poursuivons. Nous sortons du village et visons le suivant : Sergen. Il est 13h, nous arrivons après 19 kilomètres seulement, sous les yeux étonnée des habitants dans un village accolé à la montagne. A peine installé sur des tables, Necati, habitant du village insiste pour venir chez lui. On le suit avec les vélos. Il nous indique rapidement que nous sommes comme chez nous, et nous invite à nous servir dans le frigo et à nous doucher (notre odeur de cyclos devait être forte…) puis nous laisse en partant prier à la mosquée. Nous profitons de cette pièce chauffée sans attendre. Une nouvelle fois la générosité turque témoigne d’elle même. A son retour, nous échangeons difficilement mais apprenons néanmoins quelques mots de turques. Nous resterons finalement jusqu’au lendemain, en profitant d’une chambre. A 7h00, Necati frappe à la porte pour nous dire que le thé est prêt, signe que nous devons nous lever rapidement. Pour le petit déjeuner, Necati a tout organisé : pain, miel, yaourt sans oublier le thé chauffant sur le poêle à bois servant à chauffer la seule pièce de vie. Nous quittons Segen avant 9h00 en direction des montagnes turques sous un grand soleil. Necati, retraité, prend la direction des champs pour jardiner. Mais notre forme physique n’est pas là et le moral non plus. A l’abord d’une piste de terres très raide et après seulement 10 kms, nous décidons de reprendre les grands axes pour rallier en 2 jours Kirklareli afin de passer la frontière vers la Bulgarie en bus.


Nous sommes samedi, et passons par Pinarhisar, où nous organisons la suite de notre voyage via un spot internet. Pendant ce temps, nous nous voyons offrir thé, gateaux, pains de manière aussi spontanée que généreuse !  Quel accueil, quel état d’esprit chaleureux ! Nous reprenons nos vélos pour 15 kms et bivouaquons à côté d’une ferme à Uskupdere et rejoignons le lendemain Kirklareli pour monter dans un bus le lundi midi. Nous quittons la Turquie après 6 heures de bus avec beaucoup de rencontres et d’innombrables souvenirs d’échanges autour des thés chaleureusement offert. La Turquie est simple, conviviale, honnête, chaleureuse mais surtout accueillante ! L’état d’esprit de la population est sympathique et unique. Le transport en bus restera déconcertant de facilité, un espace dans une soute entière ayant été réservé pour nos vélos et sacoches. La Turquie : du bonheur jusqu’au bout ! 


Notre arrivée en Bulgarie, à Varna au bord de la mer noire, est moins heureuse puisqu’en remontant les vélos et les sacoches à la gare de bus, un homme, profitant de notre occupation, nous chipe une sacoche de guidon avec tous les bonnets, gants, lunettes de soleil et protections de pluie. Nous ne connaissions pas la notion de vol dans notre voyage, c’est chose faite et c’est vraiment embarrassant. Nous relativisons, il ne s’agit que de matériel, aucun document ou matériel important.


Reste à s’organiser avant de repartir sur les routes Bulgares, pour rejoindre normalement l’Eurovélo 6 et la Roumanie sur les bords du Danube à 150 kms au nord ouest…

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Commentaires : 5
  • #1

    les Cyclomigrateurs (mercredi, 08 avril 2015 04:36)

    En effet, la Turquie est un pays merveilleusement accueillant. La météo et le relief, par contre...
    Mais avec l'Eurovelo 6 vous allez oublier ce qu'est une côte, ce ne sera que du régal de pédaler le long du Danube puis du Rhin (seule journée de montée pour passer d'un fleuve à l'autre, mais enduite 40 km de descente...)
    Du côté accueil, c'est pas mal non plus (on n'a pas subi de vol)
    Amusez vous bien, ça va être chouette, et prenez votre temps.

  • #2

    FX (mercredi, 08 avril 2015 12:46)

    Bon, va falloir ajouter la Turquie à la longue liste des destinations à faire à vélo... :)
    Vous nous donnez envie de repartir en selle !
    L'excitation de rentrer doit monter en flèche, à l'approche de l'EV6...
    :)

  • #3

    Nathalie, Jean-marie, Zoé et Yan (samedi, 11 avril 2015 21:20)

    Merci pour ce partage et ces photos, cela nous donne envie et parfois nous fait réfléchir sur notre retour !! mais bon, pour l'instant nous partons vers l'Asie... pour voir par nous même, mais autant vous dire que vous êtes avec nous tous les jours !!! Bises à vous tous

  • #4

    Danielle/Jacques (mardi, 14 avril 2015 23:50)

    Enfin nous voilà vers vous. Nous découvrons des photos de vous 4 magnifiques avec vos reportages extraordinaires avec des hauts et des bas !! Bientôt 1 an que vous êtes sur toutes ces routes et nous pensons tous les jours à vous. Ici ce sont les vacances des pts enfants. Richard est à la mer avec ses nanas cette semaine. Continuez de bien vous porter et au plaisir de vous suivre encore ces 2/3 mois. . Profitez bien encore de ce dépaysement avant le retour ici. Très gros bisous à, vous 4 de ns 2.

  • #5

    julie & mika (jeudi, 16 avril 2015 19:54)

    Bonne route vers la Bulgarie alors! Pour la pochette volée, tant que ce n'est pas les passports ou la CB, c'est moins grave. Profitez bien

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