Au pays des oeufs colorés, c'est le printemps !

A Varna, au bord de la mer noire, nous quittons la ville le mercredi, après avoir remplacés les quelques affaires hivernales dérobées. Direction Silistra, ville frontière avec la Roumanie au bord du Danube. Nous souhaitons rejoindre La Roumanie pour suivre le plus long fleuve européen. 


Notre première journée est difficile d’abord par la sortie de la ville effectuée sur une rocade, puis par l’ascension d’une côte et surtout par des rafales de vents forts à plus de 50 km par heure. Ces dernières nous obligeant à nous rabattre sur le premier village. A Isvorsko, nous entrons dans un village tristounet sous des regards méfiants et stupéfaits. Difficile d’entrer en contact avec la population. Nous filons dans un café abrité où nous déjeunons sous le regard d’adolescents curieux en vacances de Pâques. Nous sommes frigorifiés. En demandant un lieu où nous pouvons camper, nous rencontrons le gérant, qui me dit de monter dans son véhicule. Nous partons à la recherche d’un espace de bivouac (cabanes, espaces verts ou maison....) Nous terminons finalement chez Stephan, ayant travaillé en France et parlant l’anglais parfaitement qui lui, nous emmène dans le bureau du maire du village. Nous entrons dans un minuscule bureau. Après quelques minutes de discussions interposées, le maire, Johan, me tend les clés de la salle des fêtes. Nous filons rapidement dans cette salle, vélo compris et utilisons le poêle à bois pour nous réchauffer. A notre réveil matinal, le vent est encore bien présent, nous décidons quand même de prendre la route pour rejoindre Dobrich. Ces 30 kilomètres sont très difficiles, horribles tant par les conditions routières, que le profil et la météo ventée. Matinée de M….. pouvons-nous dire ! Nous arrivons bien fatigués dans la ville et filons dans un hôtel au chaud. Les 2 jours suivants, nous retrouvons des conditions plus agréables et filons vers le nord. Nous découvrons une Bulgarie bien pauvre et refermée sur elle-même. Beaucoup de regard, mais peu de salutations. La recherche de bivouac n’est pas aisée. Nous restons sur notre faim en terme d’échanges. Une autre famille voyageuse, la Fameulhhy avait eu la chance, l'année dernière, de profiter de belles rencontres. La saison et la région n’ont surement pas facilité la découverte de la population, le printemps débute. Quant au paysage, nous avons roulé entre des milliers d’hectares de champs destinés à de la culture intensive... La traversée de la Bulgarie aura donc été rapide et engendrée peu de rencontres.

Passage en Roumanie,

 

Nous arrivons le samedi à Sillistra et passons la frontière roumaine. Pour rejoindre la dite Eurovélo 6, nous embarquons dans un bac pour traverser le Danube et retrouver des contrées plates. Nous sommes dans la ville de Calarasi. Nous bivouaquons non loin du Danube sous un soleil généreux. Le printemps nous accompagne maintenant depuis deux jours. Le dimanche, nous attaquons la découverte de la Roumanie toujours sous un temps printanier voire estival. De nombreuses cigognes habitent les poteaux électriques. Les odeurs de fleurs se font de plus en plus courantes et agréables. La traversée des premiers villages est agréable et de nombreux saluts nous accompagnent. Nous avons le sourire. Toute la matinée, nous découvrons des personnes sortir de leur jardin avec une assiette composée de parts de brioche et d’oeufs durs à la coquille colorée. Nous pensons à la célébration d’une fête. Puis 2 hommes, nous interpellent et nous invitent. Nous stoppons notre avancée et allons à leur rencontre. Ils reviennent avec des sacs composés de brioche, d’’oeufs colorés, et de pâté, celui de Pâques. Car nous apprenons finalement qu’il s’agit de la célébration de Pâques, celui de la communauté religieuse orthodoxe, une semaine après Pâques, celui des catholiques. Il y a beaucoup de monde dans les rues. L’atmosphère y est festive et l’ambiance sonore est composée de musique tzigane, très agréable à l’écoute ! A midi, une femme vient nous offrir encore des oeufs et de la brioche pour agrémenter notre pique nique déjà bien fourni ! Cette première journée roumaine nous satisfait pleinement hormis la recherche de bivouac peu aisée. En effet, les jardins sont essentiellement consacrés à la culture comme les champs en dehors des villages. Peu d’espace libre pour camper, nous terminerons la journée entre 2 parcelles de vignes… Notre route continue le lendemain. Peu de circulation sur cette route suivant le Danube que nous devinons entre les arbres au loin. En effet, la route ne suit pas le fleuve comme la Loire à vélo le permet. Gaspard est un peu déçu de ne pas suivre le Danube. Nous aussi. L’Eurovélo 6 ici n’est pas encore balisée, ni aménagé. La traversée des villages se poursuit et reste néanmoins agréable. Les Roumains sont chaleureux et le contact est assez facile. Les anciens, assis sur les bancs devant leur jardin, nous regardent d’un air surpris, sourire en coin.

 

Après un passage dans la ville de Guirgui, nous sortons de la ville et terminons notre journée dans un monastère grâce à l’aide d’un habitant qui nous indique le lieu.  Nous campons dans le jardin et rencontrons une famille orthodoxe en balade. En partant, leur enfant offre une petite voiture de pompier au garçons et un litre de vin qui restera imbuvable pour moi. La générosité est toujours en marche. Nous savourons ces moments d’échanges qui nous permettent de découvrir la vie roumaine. A notre réveil, nous savons que la météo annonce une dégradation. Nous souhaitons rallier la ville de Zemnicea pour profiter d’une chambre d’hôtel. A notre arrivée, nous entrons dans un semblant de ville, avec plus de bâtiments désaffectés qu’en activités. La ville est triste et seul le parc de jeux central maintient un peu de gaité et de verdure. Les hôtels sont soient hors de prix soient sales… Après un ravitaillement, nous quittons donc la ville pour aller trouver un bivouac. Une erreur dans notre chemin nous fait atterrir par chance une sur petite base touristique proposant des cabanes à la nuit. Coup de bol, le gérant allait partir et nous propose une chambre pour 10 euros. Super. Grand espace de jeu pour les garçons et douches chaudes bien agréables et surtout nécessaires… On évite par la même occasion la pluie passagère mais forte. 


A notre réveil, la pluie est partie et nous reprenons la route difficilement, car le vent lui est de retour. La fatigue est présente, la motivation elle quasi-absente. Le vent ne facilite pas notre avancée. Nous poursuivons la traversée des villages et observons que chaque maison comporte un grand espace pour le potager et que chaque foyer possède basse-cour et cochons, pour se nourrir et limiter les achats de denrées. La vie est peu chère ici, mais les salaires ne sont pas très élevés en Roumanie : 300 euros de salaire minimum par mois… C’est peu, comme nous le confirme Angelica que nous rencontrons dans le village de Lisa après seulement 30 kilomètres de vélo. Angelica part le lendemain en Allemagne rejoindre son mari pour travailler dans le maraîchage et gagner plus dit-elle. En attendant, nous passons un agréable moment en sa compagnie en échangeant en espagnol (elle parle l’espagnol, dû à d’autres expériences professionnelles en Espagne), et nous offre un goûter généreux. Ensuite, elle nous invite à visiter son jardin et ses animaux. Anatole et Gaspard sont enchantés de nourrir poules, canards, cochons, et de porter les premiers poussins de la saison. Après cette visite chaleureuse, nous repartons les sacoches pleines de confiture, fruits au sirop sans oublier les oeufs de Pâques colorés ! La générosité s’étend même au voisinage, puisqu'un fermier,  nous offre un fromage frais de vache ! Un délice ! Nous filons derrière chez Angelica camper au bord d’une petite rivière se jetant dans le Danube. C’est pour nous l’occasion de découvrir les métiers ruraux bien présents ici dans les campagne et aller à la rencontre des bergers et chevriers qui reviennent de leur journée avec leurs bêtes. L’un d’entre eux, est surpris par le fait que nous campions. Nous le rassurons mais n'en reste pas moins très étonné ! Cette journée restera une belle journée, immergée dans la vie locale roumaine.


Nous reprenons la route pour rejoindre la ville de Turnu-Magurele. Après seulement quelques kilomètres, Servane stoppe pour régler ses freins. Elle s’arrête dans l’entrée d’une maison. En attendant, les enfants observent les dindons chantant. C’est alors que John et Florence, nous ouvrent leur portail pour une petite visite et une collation généreuse. Nous profitons de jus de fruits, de gâteau au chocolat et autre brioche de Pâques ! Une fois la visite terminée, nous repartons une nouvelle fois avec un sac de provisions bien généreux avec bien entendu des oeufs colorés ! Nous terminerons notre journée non loin du Danube après une longue pause (quotidienne) dans un parc de jeux de la ville traversée. Malgré la fatigue, la soirée est agréable, nous sommes face à la Bulgarie, tout proche de falaises de calcaires. La Roumanie nous satisfait tant par les rencontres qu’elle procure, que dans les routes empruntées peu circulantes. Nous y rencontrons d’ailleurs de nombreuses charrettes tractés par des ânes ou des chevaux. Malgré la présence de Dacia, la traction animale est encore très présente en Roumanie comme en Bulgarie.

Quant au vélo, et notre avancée, la fatigue est présente et Servane a perdu de son entrain. Après son lumbago, une gêne dans la cuisse est encore présente. Une pause nous semble nécessaire. Après 20 kms, arrivés à Corabia, par chance nous sautons dans un autobus, sans démonter les vélo pour rejoindre Calafat et se reposer 2 jours dans un hôtel au bord du Danube. Nous évitons une nouvelle fois de fortes rafales de vent de face et des lignes droites monotones, loin du fleuve.


Ce dimanche, nous repartons en direction de Dobreta-Turnu-Sevretin pour 3 jours de vélo afin de rejoindre la Serbie et enfin suivre le Danube jusqu’à la capitale Belgrade. Nous rejoindrons ensuite la Hongrie et Budapest vraisemblablement par les voies de chemin de fer.

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Commentaires : 1
  • #1

    famille l'ours blanc (mercredi, 29 avril 2015 08:28)

    Coucou la cyclo.

    Comment allez vous ?

    Pourriez vous nous dire quel weekend environ vous serez vers nous pour qu'on ne prévoit pas d'invitation. On tient à vous accueillir.
    Gros bisous à vous 4

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