Sept milliards de visages...

Sur les hauteurs du Lac Noir...
Sur les hauteurs du Lac Noir...

Au détour d’un stand, je découvre une caisse de livres pleine d'albums jeunesses issus des éditions de l’école des loisirs, celle que l’on peut commander via l’école à la rentrée des classes. Vous, vous souvenez…


Et là je (re)découvre un livre, « Sept milliards de visages » qui fait tout de suite écho à notre aventure familiale passée. Je suis autour d’un grand stade où un vide greniers est organisé dans l’Est de La France…


Ce livre aura donc été le déclic de la remise en route de l’écriture. La motivation de tenir la plume est restée vaine tout l’été comme celle de se remettre dans les photos, les vidéos, les souvenirs. Et pourtant, depuis notre réinstallation, dès qu’on effleure ce sujet si précieux, si chère à nos yeux qu’est ce voyage, les souvenirs détaillés réapparaissent d’une facilité déconcertante. Cette pause a agit comme une parenthèse nécessaire pour rebondir, mais cette aventure humaine vécue pendant 14 mois, n’est pas prête de s’évaporer. Elle est gravée, installée en nous, et participera à la construction de notre famille pour notre plus grand bonheur.


En, effet, à compter de notre arrivée, le 20 juin, les priorités n’étaient plus les mêmes. Un nouveau objectif était affirmé : celui de trouver un job, et surtout un point de chute pour le mois de septembre afin de scolariser les garçons. Juillet et août, nous aurons permis de retrouver le goût à la sédentarisation, faciliter par l’accueil généreux de nos parents dans leurs maisons baignés dans cette douceur chaleur Angevine. Cette période estivale reste toutefois contrastée mêlant différents sentiments,  remplis de doutes, de craintes, autant que de de joies, de sourires, et de retrouvailles, mais qui s’est terminée par une issue heureuse pour toute la famille.


De mon côté, je ne cache pas que la première quinzaine, voire quarantaine après la fin de notre nomadisme a été particulièrement difficile à vivre. La sensation de ne rien faire, de ne pas être sur la route, de rester immobile a été difficile. La vie intérieure qui prend place à celle de l’extérieure, presque naturellement, nous surprend. Tout au long du voyage, on savoure cette vie, celle d’avoir le visage abimé par les éléments : le soleil, le vent, et même la pluie ou la neige, puis tout à coup un toit nous tombe sur la tête, presque sans s’en rendre compte. Sensation bizarre d’être définitivement sédentaire.


Malgré quelques balades vélos allégés des sacoches sur les bords de Loire, le retour à la réalité a parfois été difficile. Le voyage à vélo, au long court est donc définitivement trop agréable et pourrait, pour moi, rester sans fin. La difficulté est donc de dire STOP. D’un point de vue pratique, le compte bancaire l’a prononcé aisément… mais heureusement, l’envie d’autres choses, la volonté de s’inscrire dans des projets professionnels nouveaux nous ont motivé et tenu en haleine tout l’été. Mais surtout, le souhait d’offrir à nos enfants une vie sédentaire, pour se construire dans un lieu stable, dans un groupe scolaire, auprès d’enfants et de futurs amis.


Par chance, une offre d’emploi s’est concrétisée fin août, emploi qui me motivait déjà depuis le début du mois de juin. Comme Gaspard et Anatole, me voilà donc reparti sur le chemin du travail depuis le jour de la rentrée, le 1er septembre. Après la Bretagne et La Franche Comté, nous domicilions maintenant en Alsace. Depuis la fin du mois d'août nous avons emménagé dans le département du Haut-Rhin, perchés sur les hauteurs, au bord des jolies Crêtes des Vosges. L’altitude, la moyenne montagne nous appelaient, c’était un souhait, une envie devenue réalité aujourd’hui. Nous avons semble-t-il trouvé notre bonheur, nous verrons à terme si notre poursuivrons notre nid dans ce parc Régional des ballons des Vosges agréable par ses diversités culturelles, historiques, environnementales et gastronomiques…


En attendant, le rythme boulot, dodo, maison, école s’est installé aussi naturellement que nos habitudes de voyageurs. Nous l’avons souvent relevé pendant notre périple vélocipède : l’être humain a une capacité à s’adapter, qui est vraiment extraordinaire. D’abord nos enfants qui ont pris leur cartable comme des sacoches de vélos, pour repartir avec envie sur les bancs d’une école abandonnée pendant plus d’un an. Gaspard est scolarisé normalement en CE2, et nous cite déjà de nombreux prénoms de copains et copines. Anatole, lui découvre le milieu scolaire en moyenne section, avec envie, sourire et débrouillardise. De notre côté, nous sommes installés dans notre logement et les soirées lectures, radio, musique dans le canapé ont pris place à nos soirées sous la tente à lire cartes et guides.


Les découvertes ne sont pas en reste puisque Servane a déjà parcouru chemins et sentiers et de belles surprises sauvages ont croisés sa route lors de ses footings réguliers (Renard, Chamois, Chevreuil…) Les balades et randonnées, pédestres, cette fois-ci, agrémentent déjà notre temps libre en famille. L’adaptation s’est donc faite rapidement. Est-ce normale ? Ou l’être humain a-t-il cette capacité à s’adapter partout, à s’écouter, à s’ouvrir aux autres, aux 7 milliards de visages pour profiter de la vie et de cette belle planète. 


Nous en sommes persuadés, alors nous savourons.

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Commentaires : 7
  • #1

    FX & Co (mercredi, 16 septembre 2015 20:41)

    Magnifique billet qui résume parfaitement un état que nous connaissons aussi pour le vivre à l'identique. Vous avez su capturer le bonheur de s'arrêter, de se fondre avec facilité dans une douce routine quotidienne, sans pour autant perdre le voyage de vue. C'est peut-être aussi lui qui vous/nous a donné cette facilité d'adaptation. Et la preuve que l'arrêt était nécessaire. Pour mieux repartir un jour ? Qui sait. En tout cas nous sommes presque voisins dorénavant, va falloir organiser une petite virée chez nous/vous ! À bientôt alors :)

  • #2

    Karine (mercredi, 16 septembre 2015 20:49)

    Joli message... qui laisse pensif... Nous vous souhaitons bonne continuation dans vos projets divers...On vous embrasse bien et continue à écrire, c'est plaisant à lire !!

  • #3

    Nath et Jm (jeudi, 17 septembre 2015 15:23)

    Nous pensions fort à vous, on se demandait comment vous alliez alors merci d'avoir pris le temps de nous raconter votre retour. Nous vous souhaitons le meilleur pour cette nouvelle étape. Grosses bises.

  • #4

    Claire (mardi, 06 octobre 2015)

    L'intelligence c'est la capacité de l'homme à s'adapter à son environnement...belle preuve d'intelligence!
    Nouveau cap à définir, nouvel environnement à vivre, j'imagine le blues ressenti à votre arrivée...qui n'est que normal à vivre après une telle expérience, chacun se réaclimate à son rythme, à sa manière avec ses propres besoins...
    Bref bonne continuation à vous 4 ici ou ailleurs...

  • #5

    Petitssautsdepuces (jeudi, 29 octobre 2015 01:46)

    Bonjour,
    Nous avons eu l'occasion de vous laisser un commentaire ou un mail, juste avant votre départ au moins.
    Nous étions à notre tour sur les routes, (re)partis sur les routes avec nos 3 enfants fin juillet, peu après la fin de votre voyage. Les circonstances ont interrompu notre route vers le sud - nous envisagions de passer l'hiver avec plus de soleil qu'en Franche-Comté...! - et nous sommes de retour à Belfort. Je lis que vous êtes dans le Haut-Rhin - peut-être pas si loin ? Si vous êtes partants, et si votre emploi du temps le permet, nous serions heureux de vous rencontrer.
    Hélène, petitssautsdepuces.blog.free.fr

  • #6

    Petitssautsdepuces (jeudi, 29 octobre 2015 01:49)

    Pfff j'ai cliqué trop vite. En Italie, à Turin nous avons été abordés par un couple qui vous avait rencontrés, en Asie du sud-est je crois. Nous avons eu l'impression de faire partie de la même grande famille des voyageurs à vélo en famille...

  • #7

    Dimi (dimanche, 25 septembre 2016 03:54)

    Superbe article sur les difficultés et les joies du retour!

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